Et les poissons partirent combattre les hommes…

Et les poissons partirent combattre les hommes… par les élèves de l’option théâtre terminale du lycée S. Hessel. 

Terminale : comme ce mot l’indique, le terminus, la fin d’un cycle. Un passage initiatique vers un ailleurs…. Que généralement l’on marque par… le BAC. Et en Théâtre par l’épreuve devant jury, l’épreuve devant public ! Mais aussi le plaisir du jeu, le plaisir de la performance…

Cette année pour nos valeureux 12 apprentis acteurs : RIEN !!! La vie en a décidé ainsi… Chacun chez soi plutôt que tous ensembles, pour se protéger. Echo criant au texte choisi cette année  Et les poissons partirent combattre les hommes…  d’Angélica Liddell.

Ce texte est un cri, un hurlement, un coup de gueule de l’autrice, Angélica Liddell actrice et performeuse espagnole. Elle ne sait comment écrire cette douleur, cette rage vis-à-vis du drame des émigrés clandestins qui meurent chaque année en essayant de traverser le Détroit de Gibraltar sur des embarcations misérables. La force d’Angélica est de livrer le point de vue de ceux qui voient s’échouer ces cadavres sur les plages du sud de l’Espagne, là où les touristes se dorent au soleil. En prenant les mots à bras le corps, en les répétant pour en faire jaillir le sens, l’auteur délivre un texte sans concession aux règles de la bienséance, et transforme le fait divers en écriture de la souffrance et du dégoût. 

Que faire de cette matière à distance les uns des autres quand le théâtre en appelle aux corps, au souffle, au regard ? Nous avons décidé de travailler avec la vidéo, la caméra. Pas simple pour les jeunes gens qui n’ont jamais fait ce genre de travail, pas simple mais excitant… une sorte de challenge. Vous allez voir le résultat avec ce montage vidéo, résultat qui montre la progression du travail théâtral, la non fiabilité des outils numériques mais la volonté d’aller au bout de ce projet pour que vous puissiez voir comment le groupe a réussi à vous proposer un objet artistique qui livre quelques parties du texte pour clore leur trois ans de théâtre. Un grand merci à eux pour avoir accepté et joué le jeu et un grand bravo car ce n’est pas la même chose de « faire du cinéma » et de « jouer au plateau ». 

Frédéric Richaud, Claudie Gourjon – Juin 2020